La Folie Nationale ou la Nation de la Folie!

Un titre pareil pourrait sembler bizarre et même illogique au premier abord. Comment, en effet, peut-on traiter une entité aussi abstraite que la Nation de fou.
Pourtant, à bien observer, on se rend compte que la société camerounaise, dans son intégralité est malade profondément. La plupart des comportements de l’immense majorité des camerounais ne peuvent être compris que dans le domaine de la psychopathologie clinique. La maladie de cette société est de nature mentale et se manifeste par un délire constant tant sur le plan politique, économique que social.
Tenez! Comment peut-on comprendre que dans une nation normale, on ne connaît aucun chiffre de rien? Aucun politicien, même le chef du rdpc, ne peut vous donner le chiffre exact des chômeurs qu’il y a au Cameroun. Le président de la république, qui est- là depuis 33 ans, ne peut pas vous dire concrètement le nombre de chômeurs qu’on et ce qu’il compte faire pour qu’on passe de tel nombre à tel autre dans un espace temps précis.
Pourtant, de manière miraculeuse, vous verrez des jeunes arborer la tenue du rdpc pour défiler afin de prendre 2000 F en une journée. Vous verrez des appels à candidature et des motiens de soutien se multiplier appelant le «Grand Président Eternel» à se représenter aux élections présidentielles encore et encore, mais sur un programme détaille qu’on ignore ou qui n’existe pas du tout. Combien de chômeurs avons-nous? Combien en aurons-nous d’ici 2020? Que ferons-nous de ces citoyens et comment faire? Combien d’étudiants avons-nous? Combien en aurons-nous en 2025? Combien de ménages avons-nous? Quel est leur pouvoir d’achat? Combien d’agriculteurs et d’éleveurs avons-nous? Que faire et comment faire pour leu faciliter les conditions de travail afin de créer de la richesse et les emplois? Chez nous, personne n’a de réponses à ces questions; et pire, personne ne se les pose.
Ce sont-là les symptômes qui montrent notre société toute entière a basculé dans une folie collective depuis fort longtemps et a besoin d’une psychothérapie urgente.
Parfois, l’Etat montre un visage schizophrénique se caractérisant par un trouble de la personnalité, mais seulement en structure de surface. On peut construire un pont ou une école dans tel ou tel autre coin de la république. On peut faire un don de 500 000 F aux otages libérés des griffes des terroristes, aux sinistrés après l’incendie d’un marché. On peut aussi envoyer des vivres d’une valeur de 22 millions de francs aux soldats qui se battent au front pour conserver notre intégrité territoriale. Le problème c’est que ces actions isolées ne s’inscrivent pas dans une logique cohérente de développement et ne répondent par conséquent à aucun Budget. On peut aussi annoncer comme un fou un Plan Spécial Jeunes de 102 milliards de f cfa 3 mois après que le Budget ait été voté sans que personne ne sache véritablement comment on va faire pour trouver cet argent. Et curieusement, les gens se mettent à applaudir. On comprend alors que cette schizophrénie conduit au délire généralisé.
Chez nous les hommes ont l’air fou. Le pays est fou. L’absence de cohérence et de logique dans tous les secteurs de la vie en est le symptôme principal.

L’APC OU UN MENSONGE INSTITUE?

L‘Approche Par les Compétences(APC) est la nouvelle approche pédagogique actuellement en vigueur dans le système éducatif camerounais (Éducation de Base et Enseignements Secondaires). Elle est en vigueur à l’école maternelle et primaire. Mais son implémentation au secondaire s’est faite seulement depuis deux ans. Ce qui fait qu’à l’heure actuelle ce sont les classes de 6ème et de 5ème qui sont sous l’égide de l’APC. L’objectif de cette approche pédagogique et de fermenter et de développer les compétences dont les apprenants sont les dépositaires.

Pourtant la mise sur pied de l’APC au Cameroun soulève quand même quelques inquiétudes, particulièrement au secondaires. L’heure de cours passe de 60 à 50 minutes, ce qui rend la réalisation d’une compétence attendue difficile. L’enseignant peut essayer de faire un forcing en survolant certaines notions. Sur ce point, l’APC ferait dans la légèreté des programmes. L’aspect le plus frappant est la difficulté que l’enseignant éprouve à atteindre une compétence attendue en situation classe. Cette difficulté résulte d’un certain nombre de faits liés à l’APC. D’abord, l’apprenant étant mis au centre du processus d’apprentissage, celui-ci doit être doté des outils nécessaires pour le faire. A titre d’illustration, l’enseignant, en situation de classe, ne peut pas jouer son rôle de facilitateur, de manager lorsque les apprenants n’ont pas de manuels scolaire, parfois pas de cahiers ni de stylos etc. Pour aussi pouvoir travailler avec l’apprenant qui est mis au centre du processus d’apprentissage, l’enseignant doit pouvoir maîtriser l’effectif de sa salle de classe afin de travailler avec chaque apprenant individuellement. Dans les conditions actuelles de nos salles de classe, il est impossible de travailler en APC avec 130 apprenants en salle et en 50 minutes. C’est pour ces quelques raisons que l’APC qui est un système français est un mensonge institué au Cameroun.

VOICI COMMENT LA SOIF VA TUER LES CAMEROUNAIS EN 2015…

Non seulement le prix de la bière à augmenté, Ngaoundéré n’a pas d’eau à boire…
Trois jours déjà sans eau dans la ville de Ngaoundéré. Les robinets sont secs. La rouille ronge déjà les tuyaux de canalisation. Le chef-lieu de la région château d’eau du Cameroun est complètement déshydraté. La vie est au ralenti. Les conséquences sont nombreuses. Ceux qui avaient cru que les camerounaiseries étaient finies sont maintenant servis du contraire.
Parmi ces comportements camerounesques, on relève le fait que depuis que les robinets ont tari, les agents de Camerounaise des Eaux (CDE), la compagnie qui distribue le précieux liquide dans cette contrée, ne font rien. Leur corps ne gratte même pas. Ils ne s’inquiètent pas qu’on n’a qu’on n’arrive plus à chasser le caca dans le pot. L’hygiène corporelle est devenue un sacrilège. Il faut faire parfois des kilomètres pour aller s’aligner devant les puits d’eau pour pouvoir étancher sa soif.
La situation est gravissime! La rude sécheresse frappe sévèrement les populations qui cuisent chaque jour à petit feu sous la canicule sans pouvoir se désaltérer. Qu’en est-il de la poussière? Ah voici une question qu’on ne pose même plus. Les quartiers de la ville sont ensevelis sous d’épaisses couches de poussière et d’immondices. Gare à vous si vous restez à côté de la route quand votre voisin passe avec sa Mercedes ou sa Tercel. Vous êtes fini ! La poussière va vous engloutir complètement. Quand par chance vous vous lavez le soir n’avisez plus à mettre le petit pied dehors. Si vous le faites, tant pis ! La poussière fera son travail et vous n’aurez plus d’eau pour vous rincer les pattes.
Avant dans des situations pareilles, les camerounais se désaltéraient avec de la bière. On partait au bar le plus proche. On prenait une Pégui, Une Castête, un Come and see teachers enjoying life, un âge de Jésus, un «Il a fallu du temps». Même quand s’était trop dur, je veux dire trop fort-là, on prenait simplement un «condom». On suçait ça et on rentrait gronder les enfants à la maison.
Maintenant il n’y a plus ni la bière ni l’eau. Une bière coûte une fortune. Il suffit d’entrer dans un bar pour constater que la camerounais sont touchés dans leur chair et dans leur âme. Une bouteille de 0.65 l coûte 600-700 F CFA en fonction du goût et de l’épaisseur du porte-monnaie de chacun. Qu’à cela ne tienne je fais confiance aux camerounais. «Augmentez le prix ! On va toujours boire»; peut-on entendre ça et là
Mais la réalité est tout autre. La consommation immodérée de l’alcool qui était jusque-là le quotidien des camerounais a considérablement baissé. Les gorges sont sèches. Les camerounais doivent désormais faire face aux problèmes qu’ils s’immergeaient dans l’alcool pour éviter. Ils ont retrouvé leur lucidité. C’est le bon côté de la chose n’est-ce pas? On doit dorénavant affronter l’adversité du quotidien dans un contexte infernal: chômage interminable, manque d’eau, coupures intempestives d’électricité, faiblesse du pouvoir d’achat, enclavement etc. Je dois m’arrêter ici, sinon je risque d’avoir l’AVC.
Pourtant notre pays s’est fixé pour objectif de devenir émergent en 2035. Ce genre de camerounaiseries –coupures d’eau et inflation du prix des produits de première nécessité-, à coup sûr, se dressent sur le chemin de l’émergence.
Soulemanou Mefire

SCANDALE A L’IRIC: LA MERITOCRATIE EN QUESTION!

Les résultats du concours d’entrée à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric), filière Diplomatie, affichés cette semaine soulèvent de la controverse et réveillent les vieux démons du Cameroun. La publication de deux listes définitives différentes illustre à merveille les pratiques des réseautages, des copinages, des tripatouillages et des gombotages qui caractérisent les concours d’entrée dans les grandes écoles au pays des Mbiya.
Ceci n’est pas un scoop. C’est une information dont tout le monde est déjà au courant: la publication scandaleuse cette semaine par le Minesup dans l’espace de 48 heures de deux listes d’admission définitive tout à fait différentes. Six des candidats admis dans la «première liste définitive» ont vu leurs noms miraculeusement disparaître dans la «deuxième liste définitive» toujours signée par le Ministre de l’enseignement supérieur. Du coup plusieurs questions taraudent les esprits: Qui a signé la première liste? A cette première question plusieurs sources concordent à dire qu’elle a été signée par le Minesup. Pourquoi une deuxième liste? Pourquoi certains noms disparaissent et des nouveaux apparaissent lorsqu’on passe d’une liste à l’autre? Sur quels critères le Minesup s’est-il basé pour gommer les six noms?
Face donc à l’énigme qui entoure ces dernières questions, l’on ne peut qu’aisément comprendre qu’il s’agit-là d’un énième scandale, d’un énième coup organisé par la mafia politique qui s’est accaparé de notre pays depuis 1958, date depuis laquelle une Damnation pèse nos têtes comme l’épée de Damoclès. Comme nous l’avons signalé plus haut, le scandale à l’Iric n’est pas une information, ce n’est pas l’intérêt principal de notre papier. Nous montrons ici qu’il s’agit juste d’un énième fait qui vient compléter un tableau déjà sinistre en ce qui concerne l’admission dans les grandes écoles dans ce pays géré par la droite biyaiste depuis presqu’un demi-siècle.
Ce scandale vient une fois de plus confirmer le règne des lobbies, des réseaux et du sectarisme dans les concours administratifs. Cette semaine, le journal Mutations a parlé de «Ces fils à papa» qui réussissent d’office qu’ils soient méritants ou non; qu’ils aient composé ou non. Peu importe! Ce qui compte c’est ce leur papa est Colonel, Général d’armée, Gouverneur de région. Leur oncle est Ministre, D.G. de telle ou telle entreprise. Pour toutes ces raisons, l’on comprend que ce n’est pas le mérite qui prime sur toute autre considération comme ça devrait être normalement le cas. C’est une gestion opaque qui se nourrit essentiellement des réseautages, des copinages, des tripatouillages, des gombotages, des tuyautages, des influences et des déterminismes de toutes sortes sauf celui de la méritocratie.

Dans ces conditions, on peut tirer deux conséquences principales. D’abord, une conséquence sociale qui sème la discrimination, crée les frustrations et divise la Nation. On a d’un côté une minorité qui peut entrer dans les grandes écoles: Iric, Enam, Emia, Polytech etc. ; et de l’autre côté les fils de paysan, les anonymes de la scène politique qui ne peuvent qu’observer en spectateurs résignés le Small Group Show offert par la mafia politique –la droite biyaiste- qui dirige cette contrée qu’on appelle «Cameroun». Ce deuxième groupe est constitué des exclus quoi que méritants, des clochards et des pauvres tout court.
La deuxième conséquence est beaucoup plus tragique. Elle touche à la destinée du pays, à l’intérêt supérieur de la Nation. Lorsque dans un pays la méritocratie est phagocytée par la réseaucratie, lorsque les batailles gombotiques priment sur le souci de sélectionner des individus capables de relever le défi de l’émergence, ce pays court irrémédiablement vers le chaos et l’implosion totale. Lorsque les «médiocres» sont admis avec des notes contestables tandis que ceux qui auraient dû réussir échouent, on fait dans ce cas le culte de la médiocrité au détriment de l’excellence. Les performances de l’administration camerounaise et des entreprises étatiques ne peuvent être que celles que nous connaissons. Et l’émergence n’arrivera jamais avec ce genre de comportements immergents.
En définitive, le scandale de l’Iric n’est pas un fait nouveau dans le paysage sociopolitique camerounais. Il est un énième élément qui confirme l’opacité –le manque de transparence- dans l’organisation des concours administratifs au pays des Mbiya. Ces concours sont, depuis que la droite sauvage s’est emparée de notre pays, gouvernés par un système des réseautages, des tripatouillages et des copinages. C’est, en dernière analyse, ce qui suscite des frustrations, des exclusions, les divisions et enfin la médiocrité. Tant que ce système perdurera, les frustrés ne pourront que s’engager dans toutes sortes d’entreprises criminelles, religieuses ou politiques. Les vendeurs d’illusions tels que Boko Haram n’auront plus aucune difficulté à recruter les fidèles. Mbiya, dans son message à la jeunesse le 10 février 2015, invitait les jeunes à ne prêter une oreille attentive aux «sirènes de la désunion». Il semblait oublier que les sirènes de la division, de la frustration et de la désunion se trouvent d’abord et avant tout dans le système qu’il a orchestré.

Soulemanou Mefire, Chercheur en SIC, Langues et Littératures étrangères.
Consultant en business interculturel, traducteur et médiateur culturel.

Toutes ces douleurs

Le vendredi, 23 janvier 2015.
Toutes ces douleurs…
Chronique de Soulemanou Mefire
Ceux qui dorment…
Ceux qui se réveillent le matin dans les mini-cités
Ceux qui mangent le tapioca pour dormir
Ceux qui poireautent à longueur de journée dans les bars à noyer leurs soucis
Tous ceux qui plongent dans ces paradis artificiels pour confier leurs destins à Bacchus
Ces jeunes et tendres figures qui vont à l’université
Ceux qui n’y vont pas
Ces êtres chétifs et ces zombies qui peuplent nos cités
Ceux et celles qui braisent du poisson en bordure de route
Tous ceux qui grillent le soya au ministère de tutelle
Tous les djobeurs armés de leurs brouettes et des bras musclés
Tous ces attaquants du marché de Mfoundi, ces porteurs de Ndokoti
Ceux qui ngaoundèrent, ceux qui danguent, ceux qui galèrent
Ceux qui vendent leurs bouteilles à gaz pour survivre
Ceux qui, au réveil, brossent leurs dents avec de la bière
Ceux qui consciencieusement
Ceux qui inévitablement
Ceux qui fatalement prennent le riz sauté d’hier comme petit déjeuner.

J’ai vu les autres. Leur petit déjeuner, c’est la banane malaxée accompagnée du couscous
Ceux qui boivent la bouillie accompagnée du BH. Les autres mangent le koki pendant une semaine.
Ceux qui n’ont pas d’avenir:
Ceux qui étudient: du Nord, de l’Est, du Centre, du Sud, de l’Ouest. Ceux qui sont Bamenda
Ceux qui passent, ceux qui échouent
Ceux qui n’ont pas le réseau
Ceux qui call-boxent, ceux qui moto-taxissent
Tous ces étudiants qui express-unionnent, qui express-exchangent chaque fin de mois
Ceux qui ne peuvent pas le faire etc. etc. etc.

Tous ces gens, c’est un monde fou. Ils appartiennent à des univers différents, à des tribus différentes. Ils fréquentent des chapelles différentes. Mais un trait commun les tient ensemble: PAPA GALERE. Ils sont traumatisés, anesthésiés, zombifiés.

Ce sont eux qui on-va-faire-commentent
Dans les boîtes de nuits, les bistrots et les bars,
Ce sont eux qui disent qu’on ne peut plus rien changer
Car le CAMEROUN C’EST LE CAMEROUN
Ce sont eux qui croient à la fatalité en prônant le ne-rien-faitisme et le croisibrisme

La vérité, mes chers, ce sont ces prophètes de l’apocalypse, ces papes de l’attentisme, du défaitisme qui enfoncent notre pays davantage.

A vous, ceux qui désespèrent:
Ceux sur qui les gros moteurs, en passant, déversent de la poussière avec un mépris absolu
Ceux qui mangent le koki accompagné du chou sauté
Ceux qui chargent le pain avec le pilé
Ceux qui trichent pour réussir
Tous ceux qui n’ont pas de salles de classe
Ceux qui restent debout à l’amphi
Ceux qui travaillent dans l’obscurité
Ceux qui n’ont pas d’eau potable
Ceux qui sont obligés de faire appel aux asticots pour évacuer les cacas dans le pot…
Ceux qui ne font pas bien leur travail
Ceux qui docteurzouyanent

Et puis, il y a ceux qui espèrent encore:
Ils font bien leur travail
Ils méritent leurs postes dans la société
Ils rédigent de beaux discours pour les autres qui en font leur gagne-pain
C’est ceux qui professeurparent leurs phrases
Ceux qui docteurwoufent
Et enfin il y a ceux qui iyamoussent.

Un pays mort

Dans les régimes démocratiques, le peuple- entendu comme l’ensemble des citoyens d’un pays et généralement en opposition à la classe dirigeante- est censé être à la base de toute décision engageant la destinée de la nation. Les Athéniens, dans la Grèce antique, pratiquaient déjà un système de démocratie directe qui donnait la possibilité à chaque citoyen de faire entendre sa voix ou son opinion sur toutes les questions qui concernaient la cité. La décision finale découlait alors de la volonté générale de la majorité des citoyens. Puis la Rome républicaine avait, elle aussi, une forme de démocratie représentative quoique primitive. Son Sénat représentait déjà une plateforme d’expression et de débat contradictoire où les orateurs de renom tels que Cicéron faisaient valoir leurs arguments. Cette culture du débat contradictoire et du consensus a évolué avec le temps et trouve aujourd’hui sa forme achevée dans le républicanisme français déclenché depuis 1789 par les strates défavorisées de la société française d’alors. Avec ces exemples, ainsi que dans tous les pays du monde entier, on voit qu’aucune avancée politique et économique n’a jamais été possible sans une participation active, organisée, éclairée et consciente des citoyens. Pourtant le Cameroun, à considérer ne serait-ce que depuis son indépendance, montre beaucoup de signes d’inquiétude: une absence quasi-totale des populations, une démission absolue des citoyens de leurs de leurs prérogatives, un divorce irréversible entre la classe dirigeante et les gouvernés et enfin un discours défaitiste qui inonde l’espace du social. Ces considérations font du Cameroun un immense cimetière hanté par des zombies et non par des individus normaux. Il se pose ici donc un problème de comportement ou de culture politique. La présente réflexion se propose de montrer le rôle d’une terreur zombificatoire dans ces comportements, de ressasser les actes de résignation et les discours qui les accompagnent dans la société camerounaise.
1. Une zombification politique?
Lorsqu’on observe le peuple camerounais aujourd’hui, on se rend compte qu’il a complètement démissionné de ses droits et de ses devoirs. Face à l’adversité gargantuesque d’une classe dirigeante corrompue, le petit peuple des villages et villes camerounais a vite fait de céder pour sombrer dans la léthargie totale.
En scrutant l’histoire récente de cette «contrée qu’on nommât récemment Cameroun», l’on peut déceler les éléments qui ont concouru à la zombification du peuple camerounais. D’aucuns ont évoqué le coup d’Etat manqué du 6 avril 1984 et les villes mortes des années 90 comme les événements qui ont inculqué la peur et ont transformé les camerounais en zombies, spectateurs résignés le Small Group Show offert par la mafia politique qui dirige ce pays. Cette thèse n’est pas entièrement juste car, pour nous, ce ne sont les événements eux-mêmes et les massacres qui en découlèrent qui ont tant terrifié les camerounais et les ont poussés dans l’anesthésie totale. C’est plutôt le régime de terreur à la témérité hitlérienne qui en découla qui a, à travers des manœuvres de violences militaires et l’intoxication des consciences, réussi à anesthésier les populations.
Ces dernières sont devenues depuis quelques années des fantômes ou des zombies muets qui rôdent un cimetière situé au cœur de l’Afrique qu’on appelle «Cameroun». Cette anesthésie politique a engendré un certain nombre de comportements dans ce pays où une petite caste s’est accaparé de 80 pour cent de ressources nationales, où le système de promotion professionnelle, d’entrée dans les grandes écoles est régulé par les lobbies, les loges, le sectarisme et les réseaux. C’est le règne de la réseaucratie. Qui arrive au Cameroun venant de l’étranger et voit les camerounais ne voit que des chapes de misère circuler dans les ruelles de nos cités. Dans ce bourbier chaotique où l’agneau se fait prendre pour le loup; le peuple se transforme en spectateurs résignés du Small Group Show sur les richesses douloureusement générées comme les fruits de l’effort collectif.
Le comportement déconcertant et parfois incompréhensible du petit peuple zombifié est ce que nous appelons le ne-rien-faitisme biopolitique des individus moribonds. Le peuple désarmé et impuissant développe un désintérêt total envers la chose supposée être publique. L’attentisme radical, le croisibrisme face à l’adversité et au mépris sont de rigueur dans le cimetière qu’on appelle «Cameroun».
Au cours des dernières années, cette léthargie du peuple, cette anesthésie totale qui rend le peuple bête et déraisonnable ne sachant plus quand il a faim, a tétanisé les camerounais, en les rendant incapables de la moindre initiative, de la moindre organisation éclairée et consciente pour une revendication quelconque. On a vu cela en février 2008. On en a aussi vu lorsque le gouvernement de Mbiya a augmenté le prix du carburant en 2014 dans l’indifférence totale des camerounais qui ont répondu à cela par un ne-rien-faitisme déconcertant.
Cette anesthésie a tellement traumatisé les camerounais au point où ils ne savent plus faire le discernement entre le bien et le mal, entre quand il faut manifester pour signaler sa présence et quand il ne faut pas marcher pour proclamer des motions de soutien bidons lorsque le chef a fait don d’une école ou d’un hôpital. En France, par exemple, l’attaque le 7 janvier dernier contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a vu l’ensemble de la société française dans la rue pour exprime son indignation. Toutes les composantes de la société française, toutes les chapelles politiques (droite, centre et gauche) incluant le président en exercice, sont descendues dans les rues pour s’exprimer. En décembre dernier aux Etats-Unis, on a vu des millions de personnes dans les rues après la fusillade d’un adolescent noir par un policier blanc à Ferguson. Dans ces pays que nous venons de citer, les citoyens ont cultivé une longue tradition de participation aux débats afin d’infléchir la trajectoire de leurs pays.
Chez nous par contre, on ne fait rien; pire encore on n’est même pas informé de ce qui se passe dans notre pays. C’est la léthargie totale des zombies mutistes. Nombreux sont les camerounais qui ne sont même pas au courant de ce qui se passe dans l’Extrême-Nord de leur pays. Et ceux qui sont au courant de ces événements macabres y posent un regard distant. Pourquoi, par exemple, les camerounais n’ont pas marché pour défendre la cause de la liberté lorsque le leader de Boko Haram Abubakar Shekau a menacé le président camerounais dans une vidéo la semaine dernière? Dans un pays normal, le peuple aurait organisé des rassemblements pour soutenir son armée.
2. Des discours défaitistes.
L’anesthésie politique qui a transformé les camerounais en fantômes s’accompagne d’un certain nombre de discours. Ces discours se nourrissent dans les profondeurs du mal qui ronge les chapes de misère qui peuplent nos cités et qu’on appelle «citoyens». Incapable donc d’affronter l’adversité du Monstre et le mépris, le peuple s’est vite trouvé des exutoires, des paradis artificiels pour échapper à la réalité invivable du quotidien. Ces échappatoires c’est l’alcool, la sexualité débridée et le football mais à une certaine époque que nous connaissons.
On observe donc chez les masses de chômeurs, pourtant diplômés, un discours spécifique qui inonde l’espace public camerounais. Mais quelles soient les formules, ce qui en ressort c’est le défaitisme, le discours du «on va faire comment ?» qui jaillit des bistrots, des boîtes de nuit, des bars où ces jeunes chômeurs passe tout leur temps. Cet on-va-faire-commentisme se nourrit essentiellement de ce que nous avons appelé l’anesthésie politique et la zombification.

Soulemanou Mefire, Cherceur en SIC et en Langues et Littératures étrangères.

L’université camerounaise face aux enjeux de la mondialisation communicationnelle.

Aujourd’hui le défi de l’université camerounaise en général est de verser sur le marché des produits finis, susceptibles d’être utilisés, mieux de s’intégrer dans toutes les sphères culturelles et dans toutes les structures entrepreneuriales. A l’heure où la mondialisation passe à la vitesse supérieure, les cultures entrent en collision, les rencontres des compétences se multiplient à une vitesse tout aussi exponentielle. La communication-monde a rapproché les peuples, les cultures et les chercheurs sans qu’ils aient nécessairement eu besoin de se déplacer, du moins sur le plan physique. Le nouveau monde qui nous entoure ou alors le monde contemporain est un univers complètement chamboulé par les nouveaux médias. Ces nouveaux outils offrent au citoyen d’aujourd’hui une vision plus que jamais planétarisée sur le monde. C’est Daniel Bougnoux qui explique comment «Longtemps les hommes ne connurent de la Terre que la minuscule parcelle qu’ils s’acharnaient à piocher (…) Pendant des siècles le paysan ne voyait pas plus loin que son clocher ou que le donjon de son maître». Avec l’avènement des nouveaux médias, gage de l’ouverture mondiale, planétaire des citoyens, et grâce à la «circulation des mondes» (A. Mbembe) , «la vie s’est allongée, poursuit Bougnoux. Les transcendances verticales se sont inclinées sur l’horizon; par arasement des clôtures, allégement des cultures, par des routes trouant les enclos et les haies, les limites du monde ont reculé». Cette analyse montre bien comment les espaces sont devenus perméables. Les mondes en circulation permanente se sont mélangés au cours des déploiements militaires, des installations industrielles des multinationales, au cours des événements sportifs, d’explorations et des recherches scientifiques, pendant l’esclavage et pendant la colonisation.
De nos jours, la cybercommunication envahit et contrôle le monde et devient ipso facto le principal facteur de l’accélération de la rencontre et de l’interpénétration entre l’ici et l’ailleurs, le lointain et le proche. Internet, télévision, radio, téléphone ont interconnecté les différentes régions du monde. «Les espèces se découvrent solidaires, les espaces interdépendants et les peuples enchevêtrés» (op cit). Il existe désormais une citoyenneté planétaire. Dans tous les domaines –les arts, les sports, l’économie, les langues, la science etc. – la compétition est devenue planétaire. On cesse de se mesurer au camarade d’à côté, au village ou au canton voisin; chacun cherche à se faire une place sur le podium mondial. Il y a donc aujourd’hui une espèce de prise de conscience mondialisée.
Ce monde-sans-limites impacte fortement sur le domaine de la recherche. Les connaissances ont considérablement évolué. La recherche dans son modus operandis a été complètement révolutionnée. Les offres de formation pullulent dans les universités. L’université camerounaise ne peut donc pas, dans ces conditions, rester indifférente aux mutations qui s’opèrent dans la galaxie académique, dans un univers où l’héroïsme du quotidien consiste à braver toute concurrence en marquant des points, à coups de coude –ou alors à coups de cerveau – , en vue de remporter toute compétition c’est-à-dire s’affirmer et s’imposer sur la scène mondiale.
La présente réflexion a pour ambition de déblayer un ensemble de liens qui existent entre la mondialisation et l’université, entre la recherche universitaire et les outils de la communication-monde. Son but est d’apporter une contribution pour l’amélioration des conditions de travail et la modernisation des universités camerounaises. Elle se sert de l’approche communicationnelle –systémique et constructivisme– pour expliquer les concepts liés à l’avènement de «nouveaux médias» et leur impact dans la recherche universitaire.
Les clés de la compétitivité
Le village planétaire, générateur du «chaos-monde» (Glissant) , ne doit pas pour autant soulever un tourbillon de poussière susceptible de voiler les yeux inquisiteurs de l’étudiant camerounais. Celui-ci devra résister au vertige afin de tamiser le flux de données confuses et trouver des issues favorables. Il y va aussi de la survie même de l’université camerounaise et de sa raison-d’être dans un contexte où la compétition n’a jamais été aussi rude. Pour devenir compétitive dans le monde-à-venir (Mbembe), l’université camerounaise en général devra poser un certain nombre de préalables sine qua non.
Tout d’abord, l’appropriation par l’université des outils de la communication-monde s’avère inévitable. Les NTIC, en tant qu’un langage universel, permettront aux étudiants camerounais d’être compétitifs sur le marché mondial. C’est ce caractère universel, transnational et pluriculturel des NTIC que Bougnoux (2001) essaie de saisir en ces termes:
«Il existe une culture au-delà des cultures, une langue au-delà des langues: elles ne sont possession d’aucun pays, d’aucune civilisation, d’aucun peuple, tout le monde s’y retrouve et s’en sert: c’est la langue et la culture des NTIC».
Grâce à la maîtrise des celles-ci donc l’étudiant de Dschang par exemple pourra travailler à Ottawa, à Séoul ou à Doha, s’intégrer à Johannesburg ou à Hong-Kong, à Milan ou à Rio de Janeiro sans aucune difficulté. Ceci est le premier pan de l’impact que devront avoir les nouveaux médias sur le paysage universitaire camerounais dans le monde-à-venir: la dotation des étudiants des aptitudes qui leur permettront de se faire une place sur ce que nous avons appelé le podium mondial.
La deuxième dimension de cet impact devra être la restructuration des offres et programmes de formation dans les universités camerounaises pour les conformer aux réalités du moment. La nouvelle configuration du monde contemporain oblige l’université à se re-créer en adoptant des programmes calqués sur des nouvelles réalités, des formations qui répondent aux besoins concrets des entreprises nationales et multinationales. Ces besoins sont entre autres la main-d’œuvre qualifiée que l’université devra fournir, les matières premières agricoles et minérales dont la transformation nécessite la maîtrise de la science et de la haute technologie. L’université camerounaise devra donc mettre l’accent dans les années qui viennent sur la maîtrise et la diffusion de la technoscience, gage de l’émergence et de l’affirmation de toute nation aujourd’hui au moyen de la consolidation des industries de transformation de l’économie. Le groupe des BRICS et autres pays émergents sont des exemples parfaits à imiter sur ce plan. Les jeunes camerounais pourront ainsi travailler dans le secteur minier, pétrolier, agro-industriel, dans les technologies des télécommunications pour enfin prendre la place aux chinois, aux américains, aux coréens, aux nigérians etc. qui viennent leur faire la compétition chez eux. Ils cesseront de sombrer dans le chômage interminable et la misère gargantuesque qui les asphyxient au quotidien. La restructuration des programmes c’est aussi la collaboration étroite entre les départements. Dans ce monde infiniment ouvert, le cloisonnement ou encore la départementalisation des savoirs n’est plus à l’ordre du jour et devient de facto contreproductive. Les individus tendent aujourd’hui à être polyvalents, à emmagasiner plusieurs compétences du fait des possibilités qu’offrent les «nouveaux médias» de suivre plusieurs cursus à la fois, du fait de leur mobilité et enfin à cause du caractère plus complexe d’un monde globalisé qui demande nécessairement plus d’effort pour être saisi à travers les connaissances. Dans ces conditions, des programmes et cursus supradépartementaux doivent être adoptés dans les universités camerounaises si elles veulent rester compétitives dans le monde-qui-vient.
La maîtrise des langues du marché sera aussi dans les années qui viennent un facteur-clé de la compétitivité. Dans un contexte où les mondes sont en perpétuelle circulation, où les univers s’interpénètrent et interagissent, où les économies et les politiques s’entrelacent, où on se réveille au Cameroun en trouvant un australien, un chinois, un péruvien, un malien ou un kenyan devant sa porte, dans un contexte où est obligé de compétir pour la survie –chercher un emploi, trouver des terres cultivables, vendre ses produits, manger etc.- avec tous ces mondes venus d’ailleurs avec leurs langues, religions, croyances et rites, il sera plus que nécessaire, tout en rénovant et en s’enracinant dans les langues nationales, de maîtriser et vulgariser les langues étrangères. Celles-ci catalyseront l’intégration socioéconomique des individus. Les formations en cross-cultural business et en Intercultural communication –dans la perspective d’Edward T. Hall – sont aussi nécessaires dans un monde désormais en mouvement et où la mobilité des personnes et des biens n’a jamais été aussi dense. On est obligé de faire avec l’autre, de communiquer, d’échanger, de commercer avec lui. L’autre fait désormais partie intégrante de notre quotidien. D’où la nécessité de l’étudier et de le connaître dans ses langues, ses manières de faire et d’agir.
L’autre pan de l’impact des nouveaux médias sur le monde universitaire devra être la dimension scientifique d’Internet. A travers ce vaste réseau télématique international, la coopération entre les chercheurs du monde entier s’accélère. Il est désormais possible et facile pour un étudiant ou un enseignant de Maroua dans l’Extrême Nord du Cameroun de coopérer avec des étudiants ou d’autres chercheurs de Harvard, de la Sorbonne, de Cambridge ou de Witwatersrand afin de s’échanger les idées dans le but de faire progresser les connaissances. Pour une université camerounaise compétitive dans le monde-à-venir, elle devra s’ouvrir sur le monde à travers la toile. S’ouvrir c’est regarder ce qui se fait ailleurs et communiquer abondamment sur ce qu’on fait chez soi. Ce matraquage communicationnel aura pour but de diversifier les champs de recherche et d’éviter les doublons dans les publications scientifiques du genre thèse, article etc. Dans un monde où les personnes sont très mobiles, il sera de plus en plus difficile de rassembler les étudiants dans les amphithéâtres pour leur dispenser les connaissances. Les contenus universitaires devront être aussi de plus en plus accessibles sur la toile ou encore disponibles sur l’espace virtuel. La chance qu’on a aujourd’hui c’est la possibilité qu’offrent les Technologies de l’Information et de la Communication de rester connecté quel que soit le coin du globe où l’on se trouve. Il est désormais possible à travers son I-Phone, I-Pad, sa tablette, sa Galaxy Note, son laptop etc. d’avoir accès à ses cours (par vidéoconférence, articles écrits et publiés par les enseignants-chercheurs…) qu’on soit dans un bus, dans le train ou à bord d’un avion. Cette hypermobilité des personnes exige une réorganisation de la façon de dispenser les enseignements. L’aspect spatial semble retenir notre attention car, dans le monde-qui-vient, l’espace physique se substituera par l’espace virtuel. Dans ces conditions, les bâtiments ou alors les amphithéâtres auront tendance à disparaître. Les cours étant accessibles à distance, les étudiants auront tendance à abandonner les blocs de béton pour fréquenter l’espace hyperléger du virtuel. Pour attirer les masses et rester compétitives les universités devront transformer tous les téléphones et ordinateurs portables, tablettes et autres accessoires de connexion en autant d’amphithéâtres. L’université camerounaise en général devra dans le monde-qui-vient diversifier, promouvoir, encourager et vulgariser le e-learning et le e-teaching.
Autant il devient de plus en plus difficile de rassembler les étudiants dans les amphithéâtres à cause de leur mobilité, autant il devient de plus en plus pénible et anachronique de s’aligner devant les guichets pour effectuer certaines transactions telles que le paiement des droits universitaires. C’est ce qui explique aujourd’hui cette tendance des universités camerounaises à promouvoir ce qu’elles appellent «paiement en ligne». Il s’agit-là d’une initiative louable à encourager et à renforcer puisqu’elle se trouve encore à un stade purement embryonnaire. Cette mise en réseau des opérations financières devrait améliorer les performances de l’administration et de la gouvernance universitaires. On gagne en temps et on économise les frais de multiples déplacements lorsque tous les téléphones et ordinateurs portables, les tablettes I-Pad, bref tous les points de connexion sont transformés en autant de guichets. Mais elle devrait s’étendre aussi au traitement des données personnelles des étudiants. Chaque étudiant devrait pouvoir accéder à ses notes, ses relevés de notes, ses diplômes et attestations quel que soit l’endroit du monde où il se trouve. L’administration universitaire doit nécessairement s’arrimer de cette nouvelle donne si elle veut survivre dans le monde-à-venir. Dans ces conditions les renforcements des capacités et les reconversions du personnel vieillissant sont nécessaires du fait du «temps technique» (Bougnoux) qui est nécessairement plus rapide et changeant par rapport au «temps humain» (op cit). Les nouvelles machines à communiquer sont perfectionnées de façon quotidienne et nécessitent un aggiornamento permanent du personnel travaillant dans les circuits universitaires afin de faciliter les activités purement académiques et les transactions financières. C’est ce changement social du fait des nouvelles technologies, ce bouleversement de l’ordre régnant que Bougnoux essaie de saisir en ces termes: «Nous apprécions les performances toujours plus sophistiquées de notre technosphère, mais le renouvellement des objets, en modifiant notre environnement et nos relations, déclasse nos anciennes compétences, déplace nos repères familiers et constitue un facteur d’anxiété».
Cet aggiornamento est d’autant plus nécessaire qu’il est l’unique solution pour ne pas rester à la traîne dans un monde qui courre contre la montre, pour ne pas êtres des éternels retardataires dans un monde où la concurrence, généralement déloyale, est la condition sine qua non de la survie des espèces et la domination des unes par les autres le processus normal organisationnel d’un univers désormais enchevêtré. Pour une université camerounaise concurrente dans les années qui viennent, celle-ci devra faire un usage violent des outils de recherche qu’offre la mondialisation communicationnelle. C’est la condition ou alors la mort –au sens platonicien- à mourir pour ne pas subir le traumatisme des discours super violents qui inondent l’univers en assassinant impitoyablement des identités nationales. En d’autres termes les étudiants africains en général et camerounais en particulier devront conquérir avec violence le monde virtuel –qui est en fait devenu le monde réel puisque tout le monde y vit- pour éviter d’être ce que Roger Kaffo appelé les «mondialisés», en opposition aux «mondialisateurs» qui organisent et contrôle le flux de données culturelles et économiques.